Lové tout contre sa barre rocheuse, ce village de Drôme Provençale a su mettre à profit la configuration de la montagne. Ce lieu est particulièrement intéressant et parcourir ses quelques ruelles un enchantement.

Au débouché des gorges de la Rimandoule, l’imposante paroi minérale offrait des conditions exceptionnellement propices à l’établissement d’un château fort et d’un village fortifié. Cette installation en hauteur, typique d’une époque troublée, entraîna l’abandon du site de plaine occupé depuis l’époque romaine, où avait été édifiée au XIIe siècle l’église Notre-Dame-de-Sénisse à plus d’un kilomètre du village actuel.

Quelques vestiges permettent de situer le fort féodal au sommet de la barre, protégé à l’est et au nord-est par sa falaise de 15 à 30 mètres, et à l’ouest et au sud-ouest par un rempart que l’on peut dater au moins du XIIIe siècle. Au nord et au sud du château, la crête fut fortement entaillée pour créer deux fossés.

Une tour, plus au nord, sur le haut de la barre, assurait la surveillance et la défense.

Au pied du castrum passait une voie ancienne et fort importante venant de Dieulefit par le col du Pertuis, qui franchissait à gué la Rimandoule en direction de Pont-de-Barret ; une autre voie reliait la plaine de la Valdaine, côté Montélimar, à Bourdeaux en contournant la barre rocheuse pour éviter les gorges.

L’ancienne église paroissiale Notre-Dame, à l’origine chapelle du seigneur et du castrum, fut probablement édifiée au XIVe siècle, extra-muros, à 50 mètres au nord du rempart, contre le flanc ouest de la barre. Au bas du château, sous sa protection, s’établit d’abord le bourg castral, qui s’étendit par la suite entre le rempart ouest et le ravin de Malle, protégé par un second rempart dont subsiste aujourd’hui, au sud, une très belle porte fortifiée à arc en plein-cintre à double voussure.

Au fil des siècles, le village s’agrandit vers l’ouest en franchissant le ravin de Malle par deux ponts, puis vers le nord entre la barre rocheuse et le ravin. L’ensemble fortifié, abandonné au XVIIe siècle, tombe en ruine et sert alors de carrière de pierres à bâtir pour l’extension du village, qui atteint son expansion la plus large au milieu du XIXe siècle, avec un maximum de 450 habitants. La chapelle castrale, devenue église paroissiale, cesse alors d’être isolée et devient l’édifice majeur du village qu’elle domine encore aujourd’hui. Dans le dernier quart du XIXe siècle, le village est désenclavé par l’ouverture de la route départementale qui nécessite, pour franchir le profond ravin de Malle, un pont de 62 mètres porté par trois arches, et le percement d’un court tunnel dans la barre rocheuse.

Que faire à Rochebaudin :

Découvrir la chapelle Notre-Dame-de-Sénisse (XIIe siècle, MH 1926) et son site gallo-romain (Senecius).

Admirer le point de vue depuis le pont sur le vieux village accroché au rocher.

Randonner sur « la draille des chèvres » ou « les Balcons de Briesse » (chiens exclus).

Observer le rempart médiéval et le clocher-mur de l’église restaurée.

Repères

Gentilé Rochebaudinoises et Rochebaudinois.
Population 124 habitants.
Superficie 765 hectares.
Altitude moyenne 325 mètres.
Monument classé Chapelle Notre-Dame-de-Sénisse (XIIe siècle, MH 1926).
Sentiers La draille des chèvres, les Balcons de Briesse et le GRP Tour du Pays de Dieulefit.