Zoé

Zoé de Gilles Ascaride, avec Marie Fabre dans le rôle de Zoé.
Mais qui est Zoé ? Cette fille qui a "perdu son honneur" dans sa jeunesse et aussi la tante de Fanny, la sœur d'Honorine dans la trilogie de Pagnol.

Description

L’intention est claire : faire vivre un personnage dont on parle souvent dans la trilogie de Marcel Pagnol et que l’on ne voit jamais.
Zoé, soeur d’Honorine et de Claudine et tante de Fanny. Pourquoi ? Parce que Zoé, dont on ne nous dit que peu de choses, sert sans cesse de repoussoir ou de justification à des pensées ou à des actions contestables.
Zoé, a « perdu son honneur ». César, dans Marius, raconte que Zoé, jolie et gentille « petite fille », a cru aux promesses d’un matelot espagnol et s’est donnée à lui, puis a été abandonnée. Désespérée et « dégoûtée des hommes », elle est « évidemment » et par suite devenue une fille perdue. Se donnant à qui la voulait. C’est simple. Trop simple.
Ses soeurs, surtout Honorine l’aînée, considéreront que Zoé a gravement entamé l’honneur de la famille. Et Zoé servira pour elle de raison – ou de prétexte – pour marier Fanny à Panisse, puisque « Zoé a déjà pris le tour » du déshonneur et que de ce fait Fanny, enceinte, devient « impardonnable » à cause de sa tante déchue. C’est simple. Trop simple.
Grand admirateur de la trilogie, j’ai toujours été révolté avec la façon dont Zoé est évoquée ou traitée par ses soeurs, sa nièce, Panisse et les autres. Elle est assignée au rôle de « garce » par tous ces braves gens, joue le mauvais rôle, porte le poids de toutes les fautes, alors que dans le fond on ne sait que très peu sur elle. C’est l’arlésienne de la trilogie.
J’ai souhaité donc m’emparer de ce personnage afin de le faire vivre pleinement et seul. Pour une fois, nous entendrons ce que Zoé a à dire et non plus ce que l’on dit d’elle. Et ce défi m’enchante !
Car dans le fond, qu’a fait Zoé ? Elle a fait l’amour avec un homme qu’elle aimait. C’est tout. Elle n’a même pas été enceinte comme sa nièce Fanny. Pourquoi tant d’indignité ? Et si Zoé, au lieu d’être la cagole, la pouffiasse que l’on évoque, avait été plutôt et avant toutes ces dames conformistes ou soumises présentes dans la trilogie, une femme, une vraie. Une qui n’avait pas peur de ses sentiments, de ses désirs, une qui refusait de s’asservir et de gâcher sa vie (comme le fera sa nièce) pour respecter des conventions, un ordre social, des
moeurs particulièrement durs aux femmes ? Et si Zoé était une suffragette des sentiments ? Une femme à part entière, en un mot ?
J’ai souhaité donc donner à ce texte la forme d’un soliloque d’une Zoé en l’hiver de son âge dans les années qui ont suivi la Libération. Finalement on parle d’elle en son absence, mais elle qu’a-t-elle à dire sur toutes ces personnes que nous connaissons tous (Fanny, Honorine, Claudine, Marius, Panisse, César, Escartefigue…) et qu’à t’elle à dire sur elle-même ?
Ce n’est pas un simple exercice de style, ou un « à la manière de », le monde de la trilogie n’est là que comme une partie des références de la vie de Zoé, le défi c’est de faire exister et vivre (loin de Pagnol) et dans ses contradictions une femme qui m’est tout à fait sympathique et à qui je veux donner – enfin – la parole.
Gilles Ascaride

Ouverture

Dimanche 29 novembre 2026 à partir de 15h.

Tarifs

Plein tarif : 15 € (Scolaire,Etudiant , demandeurs d’emploi, personne en situation de handicap.), Tarif réduit : 9 €.

Gratuit pour les moins de 6 ans.

Prix groupé pour les deux spectacles (Les Pieds Tanqués 28/11 et Zoé 29/11) :
Plein tarif : 30€
Tarif réduit : 16€.